L’Initiative pour les droits humains au Burundi
Des membres de l’armée burundaise montent la garde lors de l’investiture du président Évariste Ndayishimiye, le 18 juin 2020 à Gitega. © 2020 Privé
Des membres de l’armée burundaise montent la garde lors de l’investiture du président Évariste Ndayishimiye, le à Gitega. ©  Privé

À l’abri des regards

Violences sexuelles par des militaires burundais dans la province du Sud-Kivu au Congo

Le rapport de l’Initiative pour les droits humains au Burundi, « À l’abri des regards : violences sexuelles par des militaires burundais dans la province du Sud-Kivu au Congo », documente des viols, des enlèvements, des détentions arbitraires et des mauvais traitements de civils congolais commis par des membres de l’armée burundaise depuis leur déploiement au Sud-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC), fin pour lutter contre les groupes armés burundais et congolais. Des membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir au Burundi, les Imbonerakure, qui ont combattu aux côtés des troupes burundaises en RDC pendant la phase non officielle de l’opération jusqu’à la mi-, et des membres de groupes d’opposition armés burundais basés en RDC ont également violé des femmes congolaises.

Deux incidents survenus en illustrent la brutalité de certains militaires burundais. Dans un village de la forêt d’Itombwe au Sud-Kivu, des militaires burundais ont rassemblé trois femmes et 12 enfants, les ont emmenés à leur base et les ont détenus pendant trois jours. L’une des femmes a déclaré que des militaires burundais l’ont violée à plusieurs reprises. Lors d’un autre incident, des militaires burundais ont violé une femme de 27 ans et sa belle-sœur de 16 ans, devant les trois enfants de la femme plus âgée.

De telles actions violent le droit international humanitaire et sont susceptibles de constituer des crimes de guerre.

Certains commandants burundais responsables des troupes en RDC ont été accusés de graves violations des droits humains au Burundi dans le passé. Parmi eux figurent Ignace Sibomana, commandant adjoint de la force terrestre du Burundi et ancien chef du renseignement militaire lors de la crise burundaise de , et Ildephonse Baranyikwa, qui commandait le contingent burundais au Nord-Kivu dans le cadre de la force régionale de la Communauté de l’Afrique de l’Est. Le gouvernement burundais n’a jamais demandé à ces commandants, ni à d’autres hauts responsables militaires, de rendre des comptes par rapport à ces violations des droits humains et les a récompensés en les déployant dans des missions lucratives de maintien de la paix.

Le rapport est disponible en français et en anglais.