L’Initiative pour les droits humains au Burundi

Le président Évariste Ndayishimiye (à droite) accompagne le président congolais Félix Tshisekedi à l’aéroport de Bujumbura le 23 mai 2022. © 2022 Privé
Le président Évariste Ndayishimiye (à droite) accompagne le président congolais Félix Tshisekedi à l’aéroport de Bujumbura le . ©  Privé

Une opération de dissimulation

La mission secrète du Burundi au Congo

Depuis , l’armée burundaise a envoyé des centaines de militaires et de membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure, dans la République démocratique du Congo (RDC). Leur principale cible est le groupe d’opposition armé burundais RED-Tabara, qui a lancé des attaques sporadiques au Burundi ces dernières années.

Le rapport de l’Initiative pour les droits humains au Burundi, « Une opération de dissimulation : la mission secrète du Burundi au Congo », documente l’opération militaire burundaise en RDC, en la plaçant dans le contexte d’une tendance de militarisation croissante au Burundi.

Un silence officiel entoure l’opération militaire. Des militaires et des Imbonerakure traversent la frontière de manière clandestine, généralement la nuit, et ont été avertis de ne pas parler de leur mission.

L’opération a été douloureusement mal préparée. Certains Imbonerakure ont reçu très peu d’informations à l’avance. De nombreux Imbonerakure et militaires burundais ont été tués ou blessés dans les combats. Des militaires burundais, des Imbonerakure et des membres de groupes armés congolais avec lesquels ils ont formé des alliances auraient commis de graves exactions contre des civils congolais.

En parallèle à cette opération, Révérien Ndikuriyo, le secrétaire général du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, a fait une tournée du Burundi et a mobilisé les Imbonerakure dans des discours intransigeants et incendiaires, destinés à assurer la domination du CNDD-FDD à long terme à travers le pays. De nombreux Imbonerakure ont participé à des formations sur le « patriotisme ».

La combinaison de ces développements devrait inquiéter les acteurs internationaux, car elle pourrait signaler une dérive vers une forme de gouvernance plus militariste et répressive avant les prochaines élections au Burundi en et .

Le rapport est disponible en français et en anglais. Un résumé audio du rapport est disponible en kirundi.