L’Initiative pour les droits humains au Burundi

Des policiers armés dans une rue de Bujumbura, janvier 2016. © 2016 Privé
Des policiers armés dans une rue de Bujumbura, . ©  Privé

Derrière les grilles

Recrudescence des cas de torture et de disparition

L’engagement du Burundi en faveur des droits humains semble être en train de s’écrouler. À la suite d’une série d’attaques mortelles par des groupes armés non identifiés, le langage diplomatique du gouvernement sur la paix et la sécurité a fait place à une réalité plus sinistre. Des dizaines d’opposants politiques ont été arrêtés arbitrairement, accusés de collaboration avec des groupes armés. Bon nombre d’entre eux ont été détenus au secret au siège du Service national de renseignement à Bujumbura, où certains ont été torturés pour leur extorquer des aveux ou d’autres informations. Le nombre de personnes enlevées par de présumés agents du service de renseignement ou de la police a fortement augmenté au cours des derniers mois. Certaines d’entre elles n’ont pas réapparu.

Le rapport de l’Initiative pour les droits humains au Burundi, « Derrière les grilles : recrudescence des cas de torture et de disparition », documente cette évolution alarmante depuis et décrit le bilan violent de Moïse Arakaza, commissaire de police à Mugamba, province de Bururi, jusqu’en . Arakaza a arrêté et torturé de nombreuses personnes qui, selon lui, soutenaient l’opposition armée. Ses techniques de torture préférées consistent à frapper des détenus avec le côté plat d’une machette, à leur frotter du piment dans le nez et à menacer de les tuer. Il a également extorqué d’énormes sommes d’argent à des détenus en échange de leur libération, au mépris de la campagne anti-corruption du gouvernement. La brutalité systématique d’Arakaza est bien connue, mais les autorités ont refusé de prendre des mesures à son encontre.

Le président Évariste Ndayishimiye prône le respect pour les droits humains et la justice dans ses discours, mais ferme les yeux sur ces crimes. S’il veut présenter une image crédible, il devrait mettre fin au comportement cruel de certains agents de l’aile dure au sein du service de renseignement et de la police, ainsi qu’à l’impunité qui les protège. La détérioration de la situation des droits humains devrait déclencher un signal d’alarme pour les acteurs internationaux : ne prenez pas pour argent comptant les belles promesses du gouvernement en matière des droits humains pendant qu’il continue de torturer et de faire disparaître ses opposants présumés.

Le rapport est disponible en français et en anglais. Un résumé audio du rapport est disponible en kirundi.