L’Initiative pour les droits humains au Burundi

Évariste Ndayishimiye lors d'un rassemblement à Bujumbura en 2018. © 2022 Privé
Évariste Ndayishimiye lors d'un rassemblement à Bujumbura en . ©  Privé

Deux ans plus tard, pas de justice pour les meurtres politiques

Une lettre ouverte au Président Évariste Ndayishimiye

Dans une lettre ouverte, l’Initiative pour les droits humains au Burundi demande au Président Évariste Ndayishimiye d’agir de manière décisive pour mettre fin à l’impunité pour les meurtres politiques. « Votre Excellence, lors de votre entrée en fonction, de nombreux Burundais, ainsi que des acteurs internationaux, pensaient que vous étiez véritablement engagé dans la promotion de la justice. Ils voulaient vous donner le bénéfice du doute. Deux ans plus tard, cet optimisme a commencé à s’estomper. »

La lettre rappelle six meurtres de membres de l’opposition dans les mois qui ont précédé les élections de . Ce n’est que dans l’un de ces cas qu’il y a eu un semblant de justice. La lettre met également l’accent sur les cas de six opposants, ou présumés opposants, qui ont été tués, qui ont disparu ou qui ont été torturés ou battus à mort en .

Un homme marche sur un chemin dans la commune de Gashikanwa, province de Ngozi, février 2022. © 2022 Privé
Un homme marche sur un chemin dans la commune de Gashikanwa, province de Ngozi, . ©  Privé

Le chemin qui reste à parcourir

n’a pas été une bonne année pour les droits humains au Burundi. Le service national de renseignement a torturé des dizaines de détenus, dont certains sont morts des suites de la torture. D’autres ont été victimes de disparitions forcées ou ont été détenus au secret. De nombreuses victimes étaient des membres de partis d’opposition.

Le rapport de l’Initiative pour les droits humains au Burundi, « Le chemin qui reste à parcourir : le Burundi traduira-t-il ses tortionnaires en justice ? », révèle les terribles violations de droits humains qui se produisent encore au Burundi, malgré les efforts du gouvernement pour améliorer son image. Il contient des informations détaillées sur les actions de deux autorités responsables de violations particulièrement graves : l’agent de renseignement Gérard Ndayisenga et le commissaire de police Moïse Arakaza.

Des policiers armés dans une rue de Bujumbura, janvier 2016. © 2016 Privé
Des policiers armés dans une rue de Bujumbura, . ©  Privé

Derrière les grilles

L’engagement du Burundi en faveur des droits humains semble être en train de s’écrouler. À la suite d’une série d’attaques armées, des dizaines d’opposants politiques ont été arrêtés arbitrairement, accusés de collaboration avec des groupes armés. Certains d’entre eux ont été détenus au secret et torturés au siège du Service national de renseignement à Bujumbura. Le nombre de disparitions forcées a également fortement augmenté.

Le rapport « Derrière les grilles : recrudescence des cas de torture et de disparition » documente cette évolution depuis et décrit le bilan violent de Moïse Arakaza, commissaire de police à Mugamba, province de Bururi, jusqu’en .