L’Initiative pour les droits humains au Burundi

Le président Évariste Ndayishimiye (à droite) accompagne le président congolais Félix Tshisekedi à l’aéroport de Bujumbura le 23 mai 2022. © 2022 Privé
Le président Évariste Ndayishimiye (à droite) accompagne le président congolais Félix Tshisekedi à l’aéroport de Bujumbura le . ©  Privé

Une opération de dissimulation

La mission secrète du Burundi au Congo

Depuis , l’armée burundaise a envoyé des centaines de militaires et de membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure, dans la République démocratique du Congo, pour combattre le groupe d’opposition armé burundais RED-Tabara. Un silence officiel entoure l’opération militaire. Des militaires et des Imbonerakure traversent la frontière de manière clandestine et ont été avertis de ne pas parler de leur mission.

Le rapport de l’Initiative pour les droits humains au Burundi, « Une opération de dissimulation : la mission secrète du Burundi au Congo », documente l’opération militaire et la lie à une tendance de militarisation croissante au Burundi. Il décrit la mobilisation à grande échelle des Imbonerakure pour participer à leurs « devoirs patriotiques », ainsi que des discours intransigeants prononcés par le secrétaire général du parti au pouvoir – des développements qui devraient inquiéter les acteurs internationaux.

Évariste Ndayishimiye lors d’un rassemblement à Bujumbura en 2018. © 2022 Privé
Évariste Ndayishimiye lors d’un rassemblement à Bujumbura en . ©  Privé

Deux ans plus tard, pas de justice pour les meurtres politiques

Dans une lettre ouverte, l’Initiative pour les droits humains au Burundi demande au Président Évariste Ndayishimiye d’agir de manière décisive pour mettre fin à l’impunité pour les meurtres politiques. « Votre Excellence, lors de votre entrée en fonction, de nombreux Burundais, ainsi que des acteurs internationaux, pensaient que vous étiez véritablement engagé dans la promotion de la justice. Ils voulaient vous donner le bénéfice du doute. Deux ans plus tard, cet optimisme a commencé à s’estomper. »

La lettre rappelle six meurtres de membres de l’opposition dans les mois qui ont précédé les élections de . Ce n’est que dans l’un de ces cas qu’il y a eu un semblant de justice. La lettre met également l’accent sur les cas de six opposants, ou présumés opposants, qui ont été tués, qui ont disparu ou qui ont été torturés ou battus à mort en .

Un homme marche sur un chemin dans la commune de Gashikanwa, province de Ngozi, février 2022. © 2022 Privé
Un homme marche sur un chemin dans la commune de Gashikanwa, province de Ngozi, . ©  Privé

Le chemin qui reste à parcourir

n’a pas été une bonne année pour les droits humains au Burundi. Le service national de renseignement a torturé des dizaines de détenus, dont certains sont morts des suites de la torture. D’autres ont été victimes de disparitions forcées ou ont été détenus au secret. De nombreuses victimes étaient des membres de partis d’opposition.

Le rapport de l’Initiative pour les droits humains au Burundi, « Le chemin qui reste à parcourir : le Burundi traduira-t-il ses tortionnaires en justice ? », révèle les terribles violations de droits humains qui se produisent encore au Burundi, malgré les efforts du gouvernement pour améliorer son image. Il contient des informations détaillées sur les actions de deux autorités responsables de violations particulièrement graves : l’agent de renseignement Gérard Ndayisenga et le commissaire de police Moïse Arakaza.