Des partisans du parti au pouvoir au Burundi, le CNDD-FDD, assistent à un rassemblement pour leur candidat à la présidentielle, Évariste Ndayishimiye, pendant la campagne électorale, au stade de Bugendana, province de Gitega, le 27 avril 2020. © 2020 Privé
Des partisans du parti au pouvoir au Burundi, le CNDD-FDD, assistent à un rassemblement pour leur candidat à la présidentielle, Évariste Ndayishimiye, pendant la campagne électorale, au stade de Bugendana, province de Gitega, le .
Des partisans du parti au pouvoir au Burundi, le CNDD-FDD, assistent à un rassemblement pour leur candidat à la présidentielle, Évariste Ndayishimiye, pendant la campagne électorale, au stade de Bugendana, province de Gitega, le . ©  Privé

Déclaration sur les élections au Burundi

Inertie internationale alors que les tensions électorales se durcissent au Burundi

Le Burundi se trouve encore une fois à la croisée des chemins. Va-t-il tourner la page sur les violences et l’impunité ou retomber dans la vengeance meurtrière ?

Après que les résultats provisoires ont déclaré Évariste Ndayishimiye vainqueur de l’élection présidentielle du , et que son parti au pouvoir, le CNDD-FDD, a remporté les élections législatives et communales, les Burundais craignent que la violence ne dégénère dans les prochains mois.

Le CNL, principal parti d’opposition, a affirmé que des centaines de ses membres avaient été arrêtés, que de graves fraudes avaient eu lieu pendant le vote et qu’il était le vainqueur légitime. L’Église catholique du Burundi, l’une des rares organisations indépendantes à avoir déployé des observateurs électoraux, a publié une déclaration détaillant des exactions et irrégularités généralisées.

Le silence des acteurs internationaux face à de graves violences avant les élections est profondément préoccupant. Leur réticence à affronter le CNDD-FDD au sujet des récents abus ne fera qu’encourager les personnes au pouvoir à continuer d’agir en toute impunité.

L’Initiative pour les droits humains au Burundi (IDHB) appelle les acteurs internationaux à condamner sans équivoque la violence politique et à exhorter les dirigeants des partis à réclamer des comptes à leurs membres.

Téléchargez la déclaration du de l’IDHB sur les élections, en français ou en anglais.

Évariste Ndayishimiye, secrétaire général du parti au pouvoir au Burundi (à gauche), et le président Pierre Nkurunziza (à droite), pendant la prière nationale à Gitega, le 25 janvier 2020. Le lendemain, le parti au pouvoir a choisi Ndayishimiye comme candidat aux élections présidentielles de 2020. © 2020 Privé
Évariste Ndayishimiye, secrétaire général du parti au pouvoir au Burundi (à gauche), et le président Pierre Nkurunziza (à droite), pendant la prière nationale à Gitega, le . Le lendemain, le parti au pouvoir a choisi Ndayishimiye comme candidat aux élections présidentielles de .
Évariste Ndayishimiye, secrétaire général du parti au pouvoir au Burundi (à gauche), et le président Pierre Nkurunziza (à droite), pendant la prière nationale à Gitega, le . Le lendemain, le parti au pouvoir a choisi Ndayishimiye comme candidat aux élections présidentielles de . ©  Privé

Loyaliste du parti ou réformateur ?

L’homme qui pourrait devenir le prochain président du Burundi

Évariste Ndayishimiye, surnommé Neva, est un homme aux multiples visages. Ancien combattant rebelle, il dirige le parti au pouvoir au Burundi depuis mi- et pourrait bientôt hériter du manteau du président Pierre Nkurunziza, qui se retirera en après 15 ans au pouvoir.

Ce document d’information brosse un portrait de Ndayishimiye et identifie les défis en matière de droits humains qui l’attendent, s’il remporte les élections de . Le passé de Ndayishimiye, et les circonstances dans lesquelles il a été choisi comme candidat du parti au pouvoir, le lient intimement à de puissants acteurs politiques et militaires, dont certains ont commis des crimes graves. Sera-t-il résolu à leur tenir tête et à prendre fermement position contre les violations des droits humains ?

Malgré la pandémie mondiale de corona virus, qui pourrait avoir des conséquences dévastatrices au Burundi, les autorités burundaises ont jusqu’à présent insisté pour que les élections se déroulent comme prévu le , la période de campagne officielle commençant le .

L’Initiative pour les droits humains au Burundi (IDHB) a donc décidé de publier ce document dans l’espoir que les informations se révéleront utiles au cours des prochains mois – une période critique pour que les décideurs politiques adoptent des stratégies visant à mettre fin à la crise des droits humains au Burundi.

Le document intitulé « Loyaliste du parti ou réformateur ? L’homme qui pourrait devenir le prochain président du Burundi » est disponible en français et en anglais.

Des partisans du parti au pouvoir saluent lors d’un rassemblement en faveur du référendum constitutionnel à Bujumbura, le 14 mai 2018. © 2020 Privé
Des partisans du parti au pouvoir saluent lors d’un rassemblement en faveur du référendum constitutionnel à Bujumbura, le .
Des partisans du parti au pouvoir saluent lors d’un rassemblement en faveur du référendum constitutionnel à Bujumbura, le . ©  Privé

Une paix de façade, la peur au quotidien

Les dessous de la crise des droits humains au Burundi

Dans son rapport, « Une paix de façade, la peur au quotidien : Les dessous de la crise des droits humains au Burundi », l’Initiative pour les droits humains au Burundi révèle ce que le gouvernement du Burundi ne veut pas que vous sachiez : alors que le pays se dirige vers les élections en , la crise des droits humains continue.

Le parti au pouvoir a tenté de dissimuler des actes brutaux de violence politique, lors desquels des dizaines d’opposants au gouvernement ont été discrètement arrêtés, enlevés ou tués. Des membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure, se sont débarrassés de cadavres sous le couvert de la nuit et ils les ont enterrés parfois dans des cimetières, loin des lieux où les victimes ont été enlevées ou tuées.

Le gouvernement persiste à dire que la paix et la sécurité règnent dans le pays. Mais les Burundais savent la vérité : si vous vous opposez au gouvernement, vous risquez votre vie. La peur s’est imprégnée dans la population et le silence est devenu une forme de protection, comme l’a bien résumé un Burundais : « Regarde et tais-toi. Même si on viole, même si on tue ton frère, ne dis rien. »

Le rapport de l’IDHB met en lumière cette violence ainsi que ceux qui l’organisent, et analyse les enjeux politiques qui permettent aux auteurs de ces crimes d’agir en toute impunité. Alors que le Burundi se dirige vers les élections en , il existe une fenêtre d’opportunité pour agir. Les acteurs burundais et internationaux devraient profiter de ce moment pour prévenir une nouvelle escalade de la crise des droits humains au Burundi.

Le rapport intitulé « Une paix de façade, la peur au quotidien : Les dessous de la crise des droits humains au Burundi » est disponible en français et en anglais. Un résumé du rapport est disponible en kirundi.

Qu’est-ce que l’Initiative pour les droits humains au Burundi ?

L’Initiative pour les droits humains au Burundi (IDHB) est un projet indépendant des droits humains, qui vise à documenter l’évolution de la situation des droits humains au Burundi, avec un accent particulier sur les événements liés aux élections de . L’IDHB cherche à révéler les causes des violations des droits humains, en vue d’établir une base de données précises et fiables qui aidera à rendre justice aux Burundais et à trouver une solution à la crise des droits humains en cours.

Les publications de l’IDHB analyseront également le contexte politique et social dans lequel ces violations se produisent, afin de fournir une compréhension plus approfondie et plus nuancée des tendances des droits humains au Burundi.

L’IDHB n’a aucune affiliation politique. Ses enquêtes portent sur les violations des droits humains commises par le gouvernement burundais, ainsi que sur les abus perpétrés par des groupes d’opposition armés.

Carina Tertsakian, Lane Hartill et Thijs Van Laer dirigent l’IDHB, dont ils sont les principaux chercheurs. Ils travaillent sur les questions des droits humains au Burundi et dans la région des Grands Lacs en Afrique depuis de nombreuses années. Les rapports de l’IDHB sont le produit de leur collaboration avec un large éventail de personnes, à l’intérieur et à l’extérieur du Burundi.

Contactez-nous

L’IDHB accueille volontiers des commentaires sur ses publications, ainsi que de plus amples informations sur la situation des droits humains au Burundi. Veuillez écrire à l’adresse suivante :

contact@burundihri.org ou +1 267 896 3399
(WhatsApp).

Une vue depuis une colline dans la province de Cibitoke. Dans la nuit du 16 au 17 novembre 2019, une position militaire burundaise a été attaquée dans la forêt de Kibira, dans la commune de Mabayi, et de nombreux militaires auraient été tués. © 2020 Privé
Une vue depuis une colline dans la province de Cibitoke. Dans la nuit du au , une position militaire burundaise a été attaquée dans la forêt de Kibira, dans la commune de Mabayi, et de nombreux militaires auraient été tués.
Une vue depuis une colline dans la province de Cibitoke. Dans la nuit du au , une position militaire burundaise a été attaquée dans la forêt de Kibira, dans la commune de Mabayi, et de nombreux militaires auraient été tués. ©  Privé

©  L’Initiative pour les droits humains au Burundi